Je m'appelle Claire, je suis infirmière depuis 5 ans.
J'ai été confrontée régulièrement lors de ma courte vie professionnelle à des patients, des amis qui étaient dans une démarche de reconstruction. Cela peut être face à la maladie mais pas seulement, car finalement, dans nos petites vies ne sommes-nous pas tous voués à recommencer, à repartir, à nous relever, à avancer vers quelque chose d'inconnu, à changer de route ?
Face à la maladie le mot cancer me vient d'emblée à l'esprit. La chirurgie enlève « la partie qui fait mal » pour la survie. Sans demander la permission, on s'incruste dans une intimité, un corps. Le choix se fait entre la question de la vie ou de la mort.
La maladie peut durer quelques jours, quelques mois, des années ou être le combat de toute une vie.
La démarche de reconstruction face à la maladie, face à des épreuves physiques ou face à des épreuves psychologiques est pour chaque personne différente et très personnelle. Certaines personnes n'auront pas la force de se battre, elles abandonnent le combat avant même de l'avoir commencé. D'autres décident de se battre et trouvent la ressource, l'énergie et la volonté nécessaires pour se reconstruire. Cela fait partie du combat pour avancer vers l'avenir.
Chaque personne a des ressources différentes, chaque personne puise au plus intime de son être.
Se reconstruire ne veut pas dire effacer le passé, c'est le plus possible VIVRE AVEC son passé pour avancer vers l'avenir.
Pour prendre un exemple très concret, imaginez votre lieu de vie, votre maison. Vous en connaissez chaque recoin, chaque placard. Vous savez où tout est rangé. Vous avez plein de souvenirs dedans. Et tout à-coup, une tempête ou un incendie dévaste tout. PLUS RIEN n'est en votre possession. Vous avez tout perdu. Tout est parti en fumée. Des sentiments mélangés vous dévastent, ils peuvent être très différents pour chacun.
Certains d'entre vous ressentiront de la tristesse, d'autres de la rage, ou de la violence, ou des pleurs, d'autres seront dans le déni...
Ensuite vient l'aptitude de chacun à reconstruire ce qui a été brisé, anéanti. Vous reconstruisez quelque chose de neuf, un nouveau chez-vous que vous vous réappropriez. Comme on se réapproprie son corps après une opération du sein, avec un « nouveau sein reconstruit ». On APPREND à vivre après la mutilation de la chirurgie.
C'est une démarche tellement personnelle, mais pour avoir vu chez beaucoup de patients cet espoir, cette force, cette volonté de se battre, avec le sourire sans jamais se plaindre... je n'ai pas assez de mots pour dire leur parcours, leur courage qui m'ont beaucoup appris et apporté.
Claire de Charentenay
J'ai vécu une enfance complètement chaotique avec une mère complètement déséquilibrée et un père alcoolique. A 19 ans je suis tombé très malade. J'ai été victime du trouble de la personnalité limite (Borderline). Il m'a fallu vingts années de thérapie analytique pour je sois ce que je suis actuellement. Un homme sur deux jambes. Cette maladie pas très connu fait l'objet d'une souffrance sans mesure.
Plus de repère, crises d'angoisses psychotique, mutilation et j'en passe. Âpres un très long combat ou j'ai failli perdre la vie des dizaines de fois, je suis guéri. J'ai du puissé au plus profond de moi même pour m'en sortir. J'ai cru ne jamais y arriver. Mais je ne voulais pas abandonné. Mon épouse à mis fin a ses jours et je devais élever mes enfants. Oui on peu s'en sortir, c'est vrais. Mais certainement pas sans effort. Oui on peu se reconstruire après une épreuve. Le tout c'est d'être patient et ne jamais abandonner.
C'est pas perdu quant on est convaincu
Sofiane
les derniere etaient tellement top !
bon courage ...
cela doit il se faire dans le temps ? aimer ses ennemis ? ou les haire pour s'en protéger ? dire que c'est un con permet de couper la relaiton ?
reconstruire la relaiton peut il se faire sans un rétablissement de la confiance ? et s'il m'a volé ou menti ou trahi ?
quid de la question du secret de famille ou du mensonge de famille ?
bien sur la resilience mais pas que cela. faut il reconstruire toute les relations blessées ou taper la poussiere de ses chaussures et se tirer comme le dit l'évangile
de plus dans la reconstruction c'est aussi la reconstruction de sa vie par la relation ac les autres ?
quels sont les moyens de la reconstruction : le medecin, le psy, à partir de quel moment ? la relation aux autres, ou bien l'isolement la solitude, ou encore la méditation ?
la reconstruction suite à un accident d'une maladie ? l'enfant malade, l'handicapé ? sont ils condamnés à une vie horrible ? coupé et incompris des autres ?
reconstruire la relation à soi cad l'estime soi
reconstruire ou construire qch de nouveau. on reconstruit sur les memes bases ou changer de direction ? ou changer de vie ?
peut on etre foutu ?
aussi au niveau sociétal, ex la réconciliation franco allemande
on ne peut ne pas parler de la crise ! comment reconstruire l'économie aujjorud'hui ?
reconstruire, nécessite de l'humilité ! il faut le désirer, et le décider et s'en donner les moyens !
la relation reconstuction espoir idéal ? peut on reconstruire sans espoir sans idéal ? une vie pleine n'est elle pas en partie donnée pour faire en sorte qu'autrui se reconstruise ?
J’ai longtemps hésité avant d’oser écrire une réponse à cette question.
Pourquoi ? Parce que j’estime que « l’épreuve » que j’ai pu vivre est minime comparée aux drames que certains ont pu traverser.
Mais je me lance quand même parce que je suis inspirée ;-)
J’ai été trompée, déçue par un être qui m’était cher et que je croyais connaître. Je lui ai totalement fait confiance, me suis livrée à lui et suis allée jusqu’à l’épouser … avant que quelques mois à peine après, tout s’effondre et que sa vraie personnalité ne se révèle.
La base sur laquelle je croyais avoir bâti un couple solide et ferme n’était en fait que du sable mouvant et je ne l’avais pas vu !
Après la période de chute, d’effondrement (période inévitable et nécessaire), j’ai très vite ressenti l’envie de faire face, pour moi d’abord et parce que je ne voulais pas que cet homme qui m’avait fait tant souffrir continue à me faire du mal. C’est aussi grâce au soutien de mes proches (famille et amis) que j’ai trouvé en moi une force que je ne soupçonnais pas.
C’est incroyable : je me pensais faible et je croyais que jamais je ne pourrais surmonter une telle épreuve et, pourtant, j’étais animée par une force insoupçonnée. Ce fut ma 1ère (bonne) surprise.
J’ai ensuite constaté à quel point mon envie de vivre et de profiter des belles choses de la vie prenait le pas sur ma douleur et mon chagrin. La vie, cette vie même que j’aurais pu détester parce qu’elle m’avait apporté tant de larmes, je l’aimais finalement ! Et chaque petit instant de bonheur que je pouvais vivre (la beauté d’un soleil couchant, le rire d’un enfant, l’odeur d’un gâteau qui cuit, la beauté d’un air de Bach ou de Mozart … tous ces petits « riens » que je vivais avec joie), tout cela m’a aidé à avancer vers le chemin de la reconstruction. Alors que j’étais quelqu’un, avant cette épreuve, d’assez pessimiste, qui manquait de confiance en moi, qui avais un certain nombre de « principes » idiots, je voyais désormais ce qu’il y avait de beau avant tout, le verre à moitié plein et non plus à moitié vide.
Maintenant que plusieurs années se sont écoulées, j’ai compris que se reconstruire ne voulait pas dire oublier ; j’ai cru au début que j’y arriverai, mais cette épreuve fait partie de ma vie, comme une blessure physique qui, certes peut être soignée, mais qui vous laisse toujours une petite « faiblesse », qui de temps en temps vous lance légèrement pour vous rappeler que vous avez été blessé. Et finalement, je crois même qu’il n’est pas bon de vouloir à tout prix tout effacer, mettre un pansement sur la plaie pour la cacher sans attendre qu’elle ait cicatrisé.
Accepter de vivre avec le souvenir de cette blessure, c’est déjà un grand pas vers la reconstruction, je pense. Ne pas la nier, savoir qu’elle fait partie de soi désormais, apprendre à vivre avec … Cela prend du temps mais est nécessaire.
Le temps fait partie de la reconstruction, il est essentiel, il peut être douloureux aussi, parce qu’on voudrait bien pouvoir tourner rapidement cette page qui nous pèse et que ceux qui nous entourent et nous aiment sont eux aussi souvent pressés que l’on « passe à autre chose ». Mais il ne faut pas avoir peur de prendre son temps et de laisser ce dernier agir.
Une fois que cet état (l’état de personne qui a souffert) est accepté, il peut aussi se poser la question du pardon, dans le cas où l’épreuve que vous avez vécue, contrairement à la maladie, par exemple, vous a été infligée par un Autre. Pardonner à celui qui m’a fait souffrir, ce serait réussir à lui dire : tu vaux mieux que le mal que tu m’as fait. En tant qu’Homme, tu es bon ; c’est ton acte qui est mauvais. J’y travaille mais n’y suis pas encore totalement arrivée aujourd’hui…
Enfin, aussi étrange que cela puisse paraître, il m’arrive de plus en plus fréquemment de me dire que cette épreuve m’a rendu meilleure. Je n’irai pas jusqu’à affirmer que je suis heureuse d’être passée par là, parce que je ne souhaite à personne de traverser cette épreuve, mais je réalise qu’elle m’a fait grandir et que je préfère celle que je suis aujourd’hui à celle que j’étais il y a quelques années.
Souffrir rend plus humain.
Je sais désormais où est l’essentiel, je sais ce qui a de l’importance et ce qui n’en a pas, je sais apprécier ce que la vie m’apporte de bon.
Et si, finalement, au lieu d’une reconstruction il s’agissait d’une construction ? Je me suis construite en tant que nouvelle personne qui a souffert et qui a su tirer de cette souffrance le meilleur. Je ne suis plus vraiment la même et je ne serai finalement jamais plus tout à fait celle que j’étais auparavant.
C’est cela peut-être la clé de la reconstruction : savoir renoncer à la personne que j’étais et accepter celle que je suis aujourd’hui.
J’ai déjà fait une bonne partie du chemin mais il me reste encore quelques kilomètres à parcourir …
Que signifie se reconstruire après une épreuve ou une expérience ? Pour quoi, pour qui ?
La reconstruction sous entend d'être dans l'action :l'action de se construire autrement, nouvellement. Reconstruction à partir d'un existant, à partir d'un néant ? Peut-on parler de re-naissance et d'indentité ?
Chaque expérience, douloureuse soit-elle, nous offre une nouvelle clé de lecture qui invite notre libre-arbitre à agir et à penser.
Se reconstruire c'est ré-apprendre, ré-apprivoiser, se ré-approprier tout en s'inscrivant dans une quête du don de soi.
Revisitons Antoine de Saint-Exupéry : Extrait3 du "Petit Prince" : rencontre avec le renard
Reconstruite : un mot qui fait trembler
Aurait-on tout perdu ?
RIEN NE SE PERD, TOUT SE TRANSFORME