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Written by Ségolène     Monday, 17 January 2011 20:00

L’équipe éditoriale des Conversations veut partager avec vous ses réflexions préparatoires à la grande soirée du 29 janvier


 

Quelques questions :

 

Avez-vous déjà ressenti un décalage entre le temps "extérieur" et votre rapport au passage du temps ? Lequel, et qu'en avez-vous conclu ?

Dans quelle mesure le temps nous appartient-il ?

Comment imaginez-vous votre retraite ?

Avez-vous le sentiment de vivre "dans votre âge", d'appartenir à une génération ?

L'efficacité/productivité est-elle affaire de rapidité ?

Cela a-t-il un sens de vouloir échapper au temps ?

Ne vit-on qu'au présent ? Comment/doit on inscrire notre futur dans notre quotidien?

Le temps libre est-il le temps de notre liberté ?

Qu'est ce que je perds quand je perds mon temps ?


Quelques citations :


« J'ai peur d'une société qui est tellement axée sur la compétition, la concurrence... Une société qui ose dire : vous devez être des gagnants. Mais qu'est-ce que c'est qu'un gagnant sinon un fabriquant de perdants. Je n'ai pas le droit de fabriquer des perdants. »

 

Albert Jacquard

 

« Exister pour la réalité humaine, c'est se temporiser, c'est à dire viser l'avenir par des projets"

 

Simone de Beauvoir dans La Vieillesse

« L'acte le plus important dans la vie est l'acte de devenir »

 

Françoise Dolto

« Passé, présent et avenir sont enfilés sur le cordeau du désir »

 

Sigmund Freud


"Qu'est-ce donc le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais; mais si on me le demande et que je veuille l'expliquer, je ne sais plus."

 

Saint Augustin

 

"Le jour où je me suis aimé pour vrai, j'ai cessé d'avoir peur du temps libre et j'ai arrêté de faire de grand plans, j'ai abandonné les mégaprojets du futur.


Aujourd'hui, je fais ce qui est correct, ce que j'aime, quand ça me plait et à mon rythme.


Aujourd'hui, je sais que ça s'appelle Simplicité.


Le jour où je me suis aimé pour vrai, j'ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l'avenir. Aujourd'hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.


Aujourd'hui, je vis une seule journée à la fois, et ça s'appelle Plénitude. "

 

Le jour où je me suis aimé (Extraits), Charlie Chaplin 

Interview de Nicole Aubert - Le Nouvel Observateur, Semaine du jeudi 17 avril 2003 - n°2006 - Notre époque

 

Psychologue et sociologue, Nicole Aubert enseigne à l'école supérieure de gestion ESCP-EAP, à Paris, et elle est l'auteur notamment de L'Individu hypermoderne (Erès, 2004), Le Culte de l'urgence (Flammarion, 2004) et Le Coût de l'excellence (en collaboration avec Vincent de Gaulejac, Seuil, 1991). Son thème de recherche privilégié : l'individu nouveau, « hypermoderne », issu de la mondialisation de l'économie, de la philosophie libérale individualiste et du culte de la performance.
«Shootés de l'urgence» Travail: les prisonniers du temps Nous vivons dans nos entreprises une inquiétante tyrannie: celle du temps trop court, affirme, après enquête, Nicole Aubert dans son dernier livre*

Le Nouvel Observateur. - En quoi consiste ce «culte de l'urgence» auquel, dites-vous, nous sacrifions?
Nicole Aubert. - Nous sommes aujourd'hui dans une société qui vit de plus en plus vite, à un rythme proche de l'emballement. «Il faut accélérer pour ne pas mourir»: j'ai souvent entendu ces mots, y compris dans les grandes entreprises publiques. C'est toute notre existence, personnelle aussi bien que professionnelle, qui est touchée. De SOS-dépannage aux thérapies brèves, des vacances tronçonnées aux romans courts, la vie ne souffre plus de longues attentes. Le temps est comprimé, muselé, asphyxié.

N. O. - Depuis quand avons-nous besoin d'aller aussi vite?
N. Aubert. - Le mouvement remonte au capitalisme industriel au XIXe siècle et s'accélère de façon foudroyante au milieu des années 1990. Il y a dix ans, c'était encore l'idéal de l'excellence qui triomphait. Aujourd'hui, c'est la tyrannie du temps court. Deux faits majeurs y ont contribué. Le capitalisme financier est tenu de réaliser des profits rapides, quitte à sacrifier le long terme. Deuxième facteur, l'usage massif de l'ordinateur, des mails et du portable. Ils induisent un régime d'instantanéité et d'urgence permanentes, où l'accessoire ne se distingue plus de l'essentiel. Conséquence: nous assistons à une modification de la conscience du temps. Une étude menée en 2000 auprès d'étudiants canadiens, gros usagers du Net, montre que le temps devient strictement subjectif, avec un enfermement dans le moment présent et l'impossibilité d'accepter le moindre délai.

N. O. - Comment les Français s'adaptent-ils à ce temps de l'urgence?
N. Aubert. - Certains y trouvent leur compte. Avoir un emploi du temps serré, répondre à des délais de plus en plus courts galvanise beaucoup de monde! Ces shootés de l'urgence ont besoin d'un rythme effréné pour se sentir exister et vaincre la mort. «Quand je viens à bout de mes urgences quotidiennes, je ne me sens pas le maître du monde, mais tout juste», m'a dit une consultante d'un cabinet de conseil. Beaucoup de gens évoquent comme elle la montée d'adrénaline quand ils ont le sentiment de triompher du temps. Le vide leur fait peur. Mais, pour la majorité, ces défis sont douloureux. J'ai rencontré beaucoup de salariés qui souffrent en permanence de ce temps raccourci, haché, où ils sautillent d'une tâche à l'autre. Ils se plaignent d'une spirale sans fin et d'une dépossession de leur travail. «Je suis comme un luthier qui œuvre en permanence à un violon qui ne sort jamais», a estimé un ingénieur. Médecins du travail, coachs, employés, managers, psychologues: tous font état d'une raréfaction des échanges et d'une déstructuration du collectif. La solitude, la distance entre les gens ou la non-implication dans le groupe se manifestent de plus en plus.

N. O. - La sphère privée elle aussi est touchée...
N. Aubert. - Elle est contaminée par la rentabilisation de la vie professionnelle. De ce point de vue, les 35heures ont joué un rôle à double tranchant: en compactant la durée du travail, elles ont contribué à affaiblir la convivialité, le lien social, et à renforcer encore la dureté du temps court. Le temps libre est une base arrière de repli, mais il faut alors le rentabiliser aussi: quand il n'est pas rempli, c'est un temps « mort» ou «perdu»! Notre société a peur du vide, elle veut triompher du temps pour tenir la mort à distance. Vaincre l'urgence nous donne cette illusion.


A LIRE (*) «Le Culte de l'urgence. La société malade du temps», par Nicole Aubert, Flammarion, 376 p., 19 euros. Il y a douze ans, cette chercheuse du laboratoire du changement social de Paris-VII avait publié «le Coût de l'excellence» avec Vincent de Gaulejac.
Anne Fohr

 

Cécilie Munk Koefoed, Equipe Editoriale

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Comments (1)
sur le thème de "notre époque"
1 Tuesday, 12 June 2012 15:57
a erudio
Jolie variation sur le thème précédent.
la problématique évoquée, mêlant, temps, frustration, vitesse, déshumanisation etc. permet au lecteur de trouver bon nombre d’idées à creuser, à fouiller, à gratter.
Je tirerai volontiers sur le fil de l’hédonisme.
L’accélération constante de notre époque dans tous les domaines donne le vertige : l’univers en accélération, les saisons, les voitures, les débits, les échanges, les relations… tout ou presque devient instantané : du polaroid dans les années 80, jusqu’à chat roulette … ah non trop tard, déjà dépassé.

Cependant, cela ne pourrait il pas être du au fait d’un individualisme qui se développe, qui se démultiplie pour son propre plaisir et désir de plus encore.
Chacun pour soi, si nous faisions tous la course vers un bonheur illusoire, ou seul le gagnant sera récompensé d’un bonheur plein.
Il va falloir jouer des coudes, ne jamais s’arrêter, plus boire, plus manger, plus penser, si ce n’est au moyen de gagner cette p*** de course.

Les règles sont simples : obtenir le premier les éléments qui finiront de parachever mon, oui oui, mon, bonheur parfait.

Les autres, qui ca ? les autres on s’en fout, il faut arriver premier… toujours accélérer…
Peut être est ce cette déformation de pensée, cette religion de la performance , qui dégouline de partout jusqu’au plus intime qui nous rend si rapide, si exigeants, si attentifs au toujours plus et toujours mieux ?

Les libéraux ont inventé mieux que le lavage de cerveau, ils ont inventé la pensée unique dont tout le monde se satisfait !

Le bonheur serait il à l’inverse dans l’immobilisme, dans la quiétude, dans la patience, dans le partage, dans un arrêt du temps, dans son écoulement interminable ?

La doxologie chrétienne situe la plénitude, et le besoin de rien d’autre que le bonheur de l’autre… cela implique tout de même une confiance en l’autre suffisante pour ne pas craindre de se faire dominer, humilier, soumettre…
(j’aime bien employer des mots que personne ne connait de temps à autre…)
La méfiance est monnaie courante depuis que TF1 existe^^.
Ce qui renvoie de fait à l’individualisme, à l’hédonisme, et à cette course en avant. Tiens, aurai je bouclé la boucle ? Il faut désormais essayer de la boucler de façono plus rapide, plus courte, plus efficace, plus pertinente… A l’aide.

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