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Written by La Rédaction des Convs     Saturday, 13 November 2010 14:02

Vers quoi court-on ? serions-nous malades du temps ? quels sont nos moteurs et nos objectifs ?



Prends le temps, et viens partager ton désir d'essentiel, afin d'enrichir ces interrogations, objets de la Conversation qui se tiendra le 29 janvier 2011 au Collège des Bernardins !

On ressent aujourd’hui une véritable frénésie dans nos vies : il faut faire beaucoup plus, en moins de temps. Suivant la phrase bien connue de Benjamin Franklin, « Time is money » ; on nous propose « travailler plus pour gagner plus ».  Qui d’entre nous n’a jamais dit « je suis ‘overbooké’, ‘débordé’, ‘submergé’ » ? Les rythmes se sont accélérés pour tout (temps de trajet, voyages : on traverse désormais le monde en un rien de temps). La rupture géographique n’est plus une rupture de contact direct (révolution technologique grâce à internet : skype, facebook, etc. )

Et pourtant, on assiste simultanément à une recherche de l’essentiel. Chacun cherche à se recentrer sur soi. De plus en plus de jeunes actifs quittent leur travail pour une activité qui a plus de sens pour eux. (recherche du métier « passion »). On l’a vu récemment, le temps de la retraite est attendu pour beaucoup comme un Eden, un havre de paix. Est-ce le temps où l’on pourra ne rien faire ou faire seulement ce qui nous plaît ? La retraite est-elle un « temps mort » ? Quelles sont nos aspirations profondes pour l'avenir ? Nous sommes à la recherche d’un nouvel élan qui ne soit pas vain mais durable.

Exemples : « Développement durable » : l’expression elle-même s’inscrit en faux contre les politiques de l’urgence. De même la critique des « fast-foods ». L’association Slow Food est née en 1986, à Rome, en réaction à la malbouffe. Elle revendique aujourd’hui près de 100 000 membres dans le monde. De la “slow-food” à la “slow-life”…

On court en permanence après le temps, mais sans vraiment savoir pour  quoi, sans avoir de « moteur » : quelle vision avons-nous du repos, du temps « libre » ? Faut-il réapprendre à laisser le temps au temps, doit-on changer de rythme ? Et cesser de parer au plus pressé, de gagner du temps, de « perdre sa vie à la gagner » ... Apprendre à gérer son temps pour ne pas le perdre ? D’aucuns militent pour un éloge de la lenteur !

Inspiré par la phrase célèbre de Marcel Proust, ne devrait-on pas se demander si « la vraie découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à changer de regard » ?


Qu'en penses-tu ?

 

Cécilie Munk Koefoed, Equipe Editoriale

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Comments (15)
Nos Objectifs sont ils à notre mesure?
15 Wednesday, 22 June 2011 15:37
angeloerudio
Je me demande à la lecture de ces échanges si la problématiques ne vient pas avant tout de la destination :
Tout d’abord un petit apparté sur la gestion de son temps :
Nous savons prendre le temps losrque l’envie est la ; nous savons le perdre pour les mêmes raisons.
Nous n’avons plus le temps lorsque l’ennui ou le stresse nous gagne ; ou et surtout lorsque nous parlons et discutons avec ceux que nous devons soit impressionner ; soit maîtriser ou bien encore éviter ou oublier.
Dès lors nous n’avons plus le temps, nous sommes over bookés ; nous devenons les esclaves de nos métiers ; les responsables de tant de choses…
Le temps s’enfuie devant nous et nous échappe ; du moins c’est ce que nous essayons de faire croire ; et c’est ce dont nous esssayons de nous persuader.

Revenons au postulat de départ :
Le temps n’est qu’une question de perception et d’utilisation

Celui qui veut accomplir beaucoup se donne les moyens et le temps d’aller à son but. Si c’est ambitieux, alors il prendra beaucoup de temps et d’énergie pour arriver.
La le temps n’a que peu d’importance ; et s’il annonce sa fatigue ou le peu de temps dont il sipose pour le reste de sa vie ; c’est parce qu’il se centre exclusivement vers l’atteinte de son objectif.
Ici le temps quelque soit son rythme n’est pas subi

Celui qui veut aller loin sans trop se fatiguer donnera l’illusion de son effort surdimensionné.
Qu départ le temps est maîtrisé dans sa faible utilisation pour « produire » et dans un déséquilibre calculé pour tenter d’aboutir.
Malheureusement l’esprit humain a cette fragilité qui fait qu’il se persuade lui même avec le temps de la réalité de cette supercherie.
Et dès lors les effets pervers du « surbooking » se révèlent. Alors que l’intéressé est sensé gérer proprement son temps ; ce dernier petit à petit se laisse bruler par sa propre stratégie.
De plus ; la fin au’il convoite finit par se rapprocher et avec une nécessité de produire plus importante. L’éauilibre de départ est alors rompu ; et subi plus encore par le quidam.

Celui qui n’a pas d’autre ambition que de travailler pour boucler ses fin de mois et bénéficier d’un confort et d’un temps libre qui lui semblent justement dosés s’investira à la mesure de son envie dans ce qu’il entreprend ; que c soit au niveau du travail, de la famille, des loisirs, ou tout autre élément qui peut se décompter en temps.
Dans la mesure ou ce dernier n’a pas d’objectif démesuré ; il ne se laisse pas envouter par les mirages de la réussite ou de la carrière et inversement par des rêves de farniente permanent.

Bien entendu certains sont réellement surchargés de travail et de responsabilités diverses ; mais alors, le sujet se recentre non plus sur la gestion du temps ; mais sur une notion de choix.

Le renoncement est un choix ; il est souvent le choix inévitable pour ariver à ses fins.
Soit le travail (l’activité) , soit le repos ; l’un et l’autre avec leurs conséquences

On renonce à sa carrière pour sa famille… l’inverse est encore plus courant.
On peut le choisir ou le subir. Lorsque cela est choisit, la contrepartie est en général plus payante puisqu’alors la prise de risque engendre un investissement plus grand quant au temps utilisé pour cela.

Au final le temps n’est pas cette ligne continue ; et tristement droite : le temps se tord ; d’adapte ; se contracte et s’étire. Le temps se profite ou se subit selon l’art et la manière avec lesquels on l’appréhende :

Comment voyez vous le temps ?
Pour un informaticien ; il peut se décompter en pétaflop (des milliards d’opérations effectuées à chaque seconde)… Inimaginable !
Pour le trader le temps c’est l’augmentation d’un valeur par milliards de dollards jusau’à son point de rupture ; et toute l’adrénaline qui va avec
Pour l’industriel c’est un nombre de pièces par unité de temps
Pour un agriculteur c’est le temps qu’il faudra pour faire un bon produit
Pour un enfant c’est plus tard
Pour un élève c’est un compte à rebours jusqu’à la prochaine récréation
Pour le scientifique, c’est une dimension ou une distance…
Pour le quidam c’est souvent une sensation, un bonheur trop court et une douleur trop longue
Pour le philosophe c’est un axe de réflexion (et on rejoint cette ligne toujours évoquée)

Le temps est subit par certains et logiquement mis à profit par d’autres.
Ue chanson de 3 minutes laisse une impression parfois bien plus longue
Une rupture de quelques secondes se ressent pendant des mois pour l’un ; quelques heures pour l’autre…

Le temps se met à manquer réellement que lorsque l’objectif que l’on s’est fixé devient petit à petit inatteignable. Dès lors le temps se raccourcit, et la pression de la fin qui approche augmente.

Pour résoudre le stress lié au temps ; pour résoudre ce phénomène de société qui est l’accélération constante des choses ; redonnons leur lettres de noblesses aux objectifs mesurés.
RDV le 12 janvier ... avant l'EVENEMENT du 29 janvier 2011 !
14 Wednesday, 05 January 2011 14:04
Ségolène GUITTON (Resp. Com.)
EN ATTENDANT l'évènement ESSENTIEL et FESTIF du 29/01/2011 ("Vers quoi court-on?") auquel j'espère vous voir TRÈS nombreux ..., un brainstorming préparatoire est organisé le mercredi 12 janvier au Clipperton... à tous les amateurs de conversations enthousiastes, you're welcome !
Alors n'oubliez pas : RDV le mercredi 12 janvier 2011 de 19h30 à 22h30 au Clipperton, Rue Rougemont dans le 9ème.
Pour plus d'infos : http://www.facebook.com/event.php?eid=157423494305255
O temps suspends ton vol
13 Friday, 31 December 2010 16:47
Hugues de Grandmaison
Il est urgent de repenser individuellement et collectivement notre rapport au temps pour passer du temps subi au temps choisi. Le temps est vecu de maniere trop quantitative alors qu il devrait etre vecu de maniere qualititative. Rappellez vous les bons moments de votre vie et vous verrez on ne pense pas au temps que ces moments ont dure c est accessoire, on pense plus a leur qualite... Vive la qualite et a bas la quantite.
Le temps dans la matière
12 Friday, 31 December 2010 14:35
Marie Labarelle
Le temps dans la matière

Je suis designer de vêtements et, devant me consacrer à plusieurs métiers induits par cette activité, la notion de temps revêt pour moi un sens multiple: le temps de la création, le temps de la production, le temps de la communication et de la vente, liés entre eux par le rythme des saisons.
Par ailleurs, deux voyages récents en Indonésie ont été pour moi l’occasion d’entrer en contact avec une autre temporalité de la matière par le biais des batiks traditionnels (tissus teints manuellement avec la technique de réserve à la cire). Riche de mon expérience et de ma sensibilité aux fibres textiles, cette rencontre a été pour moi un éveil qui m’a autant appris sur ce que j’avais entre les mains là-bas: des textiles «lents», (élaborés au cours de 2 à 6 mois de travail chacun), que sur ma pratique basée à Paris ( deux collections de prêt-à-porter par an en plus d’ interventions artistiques ponctuelles). J’aimerais ici partager ma conception du temps «inscrit dans la matière».


Peur et désir, effroi et émerveillement

Dans l’acte de création, (qui dans ma pratique passe par la transformation de la matière, le tissu en particulier), il y a un mouvement provoquant l’apparition de quelque chose, là où avant, il n’y a avait rien, ce qui en fait un marqueur du temps. Du fait de son surgissement soudain cette chose en question éveille des émotions d’émerveillement et d’effroi. Survivre à ses peurs et à ses désirs, gérer les émotions qui en découlent, comment ces motivations fondamentales s’organisent-elles dans le temps pour rendre possible l’acte de création?

La vertu de la répétition, de l’apprentissage à la maîtrise en passant par l’abandon

Transformer la matière induit des étapes successives et cycliques. L’analyse et l’observation de l’état des choses («écouter» ou «lire» le tissu), conduit à une action menée par des gestes qui nécessitent justesse et précision, qualités qui ne s’acquièrent que par l’expérience et donc par l’erreur. C’est le renouvellement incessant de ces gestes qui permet de réduire l’erreur. La pratique qui prête attention aux erreurs accroît la confiance: en effet, dès que l’on peut faire quelque chose correctement plus d’une fois, l’erreur cesse de terroriser. De même, en faisant survenir quelque chose plus d’une fois, j’obtiens un objet à méditer: les variations permettent d’explorer le même et la différence. Loin d’être une simple répétition, la pratique tourne au récit, les mouvements s’enracinent toujours plus profondément dans le corps et j’avance pas à pas vers une plus grande technique jusqu’à ce que des compétences complexes s’enracinent et deviennent un savoir tacite aisément accessible.

Répéter pour devenir la matière en devenir

Lorsque je suis concentrée sur ma pratique, à tirer des leçons de la répétition, la conscience de mon corps à la tâche glisse vers l’outil que je manipule (machine à coudre, épingle, fil, ciseaux) puis s’étend progressivement vers la matière même en transformation. Pour décrire cette expérience Maurice Merleau-Ponty appelle «être de chose» dans «Phénoménologie de la perception» , ou le philosophe Michael Polanyi parle de «conscience focale». Je deviens matière, ou plus justement la matière en devenir, et c’est cette anticipation qui permet de produire le geste juste, le-quel donnera un nouvel état à la matière, nécessitant un nouveau diagnostique, poussant plus loin l’anticipation et ainsi de suite. L’ennui ne pointe pas dans cette pratique, il n’ y a même rien de plus élémentaire, ce phénomène porte le nom de rythme. Je m’oublie donc moi-même dans cette pratique, ou peut-être serait-ce plus exact de dire que je travaille alors dans un monde libéré de l’opposition dualiste entre dextérité et maladresse et que ceci à pour conséquence de pouvoir m’oublier. Grâce à la dextérité acquise par la répétition, je ne suis pas lasse, mais en éveil parce que j’ai acquis une technique d’anticipation. Cette anticipation se vit de l’intérieur non pas comme un futur proche, mais, parce qu’elle est régie par un rythme, comme un éternel maintenant.

Lâcher prise, abandonner le temps

Toute la difficulté de ce processus soumis aux aléas de la chose en train de se faire résulte dans l’appréciation du temps. Le plus souvent, j’estime le temps que demandera un travail; mais les contraintes matérielles m’obligent à des révisions. L’erreur pourrait consister à croire que je peux accomplir la tâche rapidement. En fait, je dois arrêter de combattre le temps linéaire en suspendant temporairement mon désir d’achèvement.
«La conscience a pour véritable conséquence d’imposer la notion de temps à un univers qui, lui, est immuable.» Buckminster Fuller

La vie des choses, l’inachèvement et le vieillissement

Un objet ainsi créé est donc porteur d’une mémoire. Une veste structurée selon un «fil de fronce» dans lequel je me suis projetée pour ressentir lignes de tensions et lignes de flottement du vêtement résulte de la somme des gestes qui lui ont donné vie et sens, et porte ainsi une trace de mon esprit à l’initiative de ces gestes. Passions, rêves, doutes, peurs, rencontres... peuplant mon imaginaire trouvent leur prolongement dans la matière. Riche de ce récit, on peut se demander si un vêtement est vraiment achevé? L’usage qui en est fait va faire se poursuivre, certes à un autre rythme, sa transformation.
Or, un fait que l’on peut communément observer dans notre culture occidentale est que le vieillissement des objets est quasiment aussi insupportable que le vieillissement des êtres humains (on confère aux objets qui nous entourent les qualités humaines qu’on souhaiterait posséder, la publicité illustre assez largement ce propos). On veut exclure la possibilité d’être confronté à une quelconque défaillance qui pourrait survenir avec l’usage, voire on refuse toute trace d’un usage.
Par ailleurs, le schéma d’avancement en boucles énoncé ci-dessus, est remplacé aujourd’hui par un schéma linéaire générant la production massive d’objets non enrichis par ce processus. Le temps de recherche c’est-à-dire, le luxe de l’abandon momentané de la finalité a été remplacé par une production massive qui s’auto-régule par la sélection a postériori. L’erreur reste inéluctable, elle est même multipliée à grande échelle, mais est niée, bradée ou refoulée, reléguée à l‘état de déchet.

Comment résister aux schémas dominants qui incitent à un choix a posteriori de l’action et érigent la notion de rupture comme valeur fondamentale?

Comment s’abandonner à une perte de finalité pour pouvoir accueillir ce qui survient?

Quelles formes intéressantes la compression du temps dans notre société peut-elle générer en dépit d’un appauvrissement général des objets qui nous entourent?

Telles sont les questions que je me pose aujourd’hui en tant que designer.


Marie Labarelle

vitrine en ligne: http://marielab.canalblog.com
voyage de Paris à Java: http://parisjava2009.canalblog.com
thème sur le temps
11 Friday, 10 December 2010 09:46
Isabelle Verellen
Il serait vraiment intéressant d'entendre sur ce thème du temps Frédéric Chaudier qui a réalisé le magnifique documentaire "Les yeux ouverts" (avant première le 3/11/2010 au cinéma Saint André des Arts).

Cf son interview sur http://www.lesyeuxouverts-lefilm.com, sur la richesse du temps en soins palliatifs.
Il me semble que cela éclairerait richement le thème choisi sur le temps qui est tout à fait passionnant.

Amicalement à toute l'équipe des Conversations.
Time is money
10 Friday, 10 December 2010 04:00
Lamotte
Qui d’entre nous n’a jamais dit « je suis ‘overbooké’. Mon voisin paysan Ardéchois vivant au rythme de la nature et n'utilisant pas des anglicismes pour s'exprimer. La vision d'une personne n'est pas le monde. Tout comme un journalisme au 20h le 24 décembre déclarant "le monde entier fête noël" anthropocentrisme quand tu nous tiens ....
les trentenaires et leur boulot
9 Saturday, 27 November 2010 20:07
jedeons
http://eco.rue89.com/2010/11/27/ces-trentenaires-qui-nont-plus-envie-de-se-lever-pour-bosser-177881
Votre article m'amène à d'autres réflexions/questions
8 Saturday, 27 November 2010 16:40
sego
La rapidité/immédiateté au détriment de la qualité ? la quête de rentabilité-efficacité nous amène-t-elle à n'avoir plus que des objectifs à court terme ? dans cette frénésie, avons-nous oublié que nou...s sommes acteurs d'une Société qui a un avenir .. celui des générations futures ?
Bref, j'ai parfois l'impression que "nous" survivons et que "nous" oublions qu'après "nous", il y a un après !
excellente chronique
7 Friday, 26 November 2010 11:47
georges
Temps de rupture, temps de naissance
Une des grandes difficultés de notre société consiste à assumer des temps de plus en plus longs qui ne se définissent pas uniquement par l’emploi. Parler du rapport au temps, c’est parler du rapport au sens. Le calendrier des travaux et des jours traduit de façon très concrète les contraintes et la hiérarchie des valeurs d’une société. Toute liberté commence par la capacité d'habiter autrement le temps : l'esclave qui s'affranchit découvre que du temps peut échapper au maître, la liberté adolescente s'éprouve dans le bouleversement des rythmes du temps (on pense aux longues négociations avec les parents sur les heures de sorties nocturnes), les vacances se vivent d'abord comme du temps "vacant" qui échappe à l'impitoyable métro-boulot-dodo, les peuples qui se libèrent traduisent leur indépendance dans la création d'un nouveau calendrier festif.

Aujourd’hui, le maître des horloges qui définit le temps c’est l’économie. La société de la marchandise affiche avec clarté ses convictions profondes : « Time is money ». Le jeu production-consommation doit suffire à épuiser la question du sens et de l'espoir. Non seulement production et consommation des choses, mais vision de soi-même comme quantité marchande à gérer à travers les plans de carrières ou plus prosaïquement les files d’attente au Pôle Emploi. Par ailleurs notre époque connaît les temps de spéculation débridée où une seule opération boursière peut permettre d’acquérir des patrimoines qui nécessitaient jadis le travail de vies entières. De nombreuses enquêtes nous montrent ainsi notre société juxtaposant des sinistrés de l'emploi condamnés au chômage, des travailleurs stressés vivant la crainte de la perte d’emploi et des rentiers suspendus aux variations boursières.

Cette situation ne manque pas de créer une angoisse devant un temps redevenu sauvage et indéterminé et suscite des réactions très diverses. Des responsables politiques calés dans leur langue de bois invoquent la « reprise ». Les cow-boys du néolibéralisme nous somment d'accélérer dans une fuite en avant vers toujours plus de croissance. Les nostalgiques nous invitent à nous réfugier dans les anciennes matrices du sol, de la race, de l'identité religieuse. Derrière ces différentes attitudes perce la commune cécité devant ce qu’il faut bien appeler un changement de paradigme.

La crise que nous traversons est un temps de rupture. Il nous revient d’en faire un temps de naissance. Peut-être est-ce là le sens profond de l’expression « temps libéré » comme on parle de la libération d'une femme grosse d'un nouvel être humain. Toute naissance est déchirement, fragilité mais aussi joie de la vie qui gagne malgré et contre tout. Nous sommes appelés à vivre le temps des inventeurs de nouveaux modes de vie, comme nous y invite Gaston Berger, le philosophe de la prospective : « Il nous faut dépasser la conception trop étroite de la prévision positiviste, qui se contentait de prolonger le passé dans l’avenir. Demain ne sera pas comme hier. Il sera nouveau et il dépendra de nous. Il est moins à découvrir qu’à inventer. L’avenir de l’homme antique devait être révélé. Celui du savant d’hier pouvait être prévu. Le nôtre est à construire – par l’invention et le travail » 1.

Bernard Ginisty
Chronique diffusée sur RCF Saône & Loire le 28.11.10
voyage et port
6 Saturday, 20 November 2010 22:27
sophie
"le port n'est que de petite importance, ce qui importe c'est le voyage." Abdul Jemal
kkr
5 Friday, 19 November 2010 08:41
Ghislain
« Si nous en sommes là, c'est parce que nous nous sommes trop focalisés sur le profit. » C'est Henry Kravis (fortune personnelle : 5,5 milliards de dollars), le fondateur du fonds de « private equity » KKR, qui parle.
liens d'articles en lien
4 Thursday, 18 November 2010 20:19
cecilie
http://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Comportement/Articles-et-Dossiers/Prenez-votre-temps/Nicole-Aubert-Ne-pas-trouver-son-rythme-rend-malade2

http://blogs.lexpress.fr/attali/2010/04/20/prendre_son_temps_1/

http://www.je-gere-mon-temps.com/blog/malades-du-temps/

http://agora.qc.ca/dossiers/Loisir


http://fr.wikipedia.org/wiki/Futurisme

http://en.wikipedia.org/wiki/Slow_Movement

http://www.slowfood.fr/

http://www.lexpress.fr/culture/livre/retrouver-sa-tortue-interieure_820711.html
articles des Gates dans le monde
3 Monday, 15 November 2010 15:44
Ghislain
un article que je vous conseille grandement de lire.
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/11/13/les-gates-couple-philanthrope_1439304_3244.html#xtor=EPR-32280229-%5BNL_Titresdujour%5D-20101115-%5Bderoule%5D
vers quoi courrent les banques ?
2 Sunday, 14 November 2010 11:26
claire
hello

pourrions nous traité votre theme sur le plan collectif ? en effet elle s'applique notamment aux banques qui à force de courrir derriere le profit court terme ont courru à la catastrophe tout en se détournant de leur métier de base à savoir la préservation et le dvt du patrimoine de leur client. nous en avons eu une derniere illustration lorsque nous avons vu les banques notamment bnpp et sg s'arroger un bénéfice historique notamment sur le réseau particulier et entreprise alors que ceux ci sont en grande difficultés financières. à force de courrir vers le profit court terme notamment par la spéculation, les banques ne se sont elle pas détournée de leur service public et de leur service de la société qui est le leur ?
cela me fait penser à un faire le cap à la voile
1 Sunday, 14 November 2010 00:23
jedeons
votre thème me fait penser à la voile. Quand on s'approche du cap, on va moins vite, mais on y va plus directement. Quand on garde l'essentiel en direction, on va vraissemblablement moins vite, mais en en faisant moins de km.

De plus réferez vous sur toute la grande pensée de Morin, qui dénonce l'absolutisation des moyens et la perte de la finalité.

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